Carnets de voyage 2: Je thaï ma route.

Publié le par Y.

Première tradition de ce blog: c'est aujourd'hui, c'est lundi c'est.... récit!

Tout avait commencé en Thaïlande et c'est aussi là-bas que ça se poursuit cette semaine. Mieux que Lost, flashback immédiat il y a 9 mois à l'autre bout de la terre... Mais non l'autre! Enfin l'autre quoi....

 

Thaïlande, le 17 décembre 2009.


Suite du périple depuis la dernière fois. D'abord le nord de la Thaïlande, nord-ouest avec Chang Mai et ses alentours puis nord-est, Chang Rai, Mae salong, Chang Saen et autres noms inmémorisables.
Whaouu!! Des paysages hallucinants et des rencontres vraiment chouettes. Vue nord

 

J'ai passé le début avec deux français auvergnats (des gens bien quoi) avec qui je suis partie en trek dans les montagnes autour de Chang Mai. Le trek reste aujourd'hui le seul moyen d'explorer les régions reculés mais, du coup, il est impossible d'éviter le fameux tour d'éléphant Trek.JPG, le "bamboo rafting", le "zoo humain" des tribus et surtout le fait d'être trois jours durant avec des couples de hollandais écarlates et une connasse chochotte qui-s'arrête-toutes-les-trente-secondes-et-se-prend-pour-une-reine-entourée-de-ses-esclaves-thaïlandais. Heureusement pour elle, elle ne comprend pas un mot de français, ce qui nous a permis de nous quitter avec un sourire (ndlr: l'hypocrisie c'est mal). Malgré tout, ça en vaut la peine rien que pour aller dans des endroits qu'on peut difficilement rallier seul (en tout cas pour une novice comme moi) ou par la route.

Ensuite, besoin de se retrouver un peu seule et départ pour le nord-est. Pour l'instant, c'est vraiment la partie que j'ai préféré. Que ce soit au niveau des paysages (rien que prendre le bus d'une ville à une autre est un spectacle) ou des gens (à part les militaires aux postes frontières avec leur grosses kalachnikov dans les mains qui font la gueule aux locaux et un grand sourire aux touristes).

Là-bas, je suis l'attraction et, parfois, la seule étrangere de la ville. Alors, tanpis, mais soyons lyriques et franchement le coucher de soleil sur le Mékong avec les montagnes laotiennes de l'autre côté et la Birmanie pas loin... Humm..

Après ça, direction le sud, les îles et les coups de soleil. Me voilà donc attérie à Krabi et plus spécialement sur la plage de "Tonsai Beach". "Tonsai beach" (comme Pai dans le nord), c'est un peu le Disneyland du hippie. Un paradis complètement artificiel, rempli de personnes étonnantes aux cheveux longs et sarouels de toutes sortes. En gros, c'est attirant, on a envie d'aller voir, on trouve ça ridicule et finalement, on se retrouve, Dieu sait comment, trois jours plus tard en train de marcher sur un fil, prendre des bains de minuit et regarder des gens jongler avec du feu... Avant trop de moqueries sur mon côté hippie refoulée, je signale quand même pour ma défense que c'est aussi carrément beau, qu'il "y'en a des biens" (comme dirait Didier) et que, grâce aux bakchichs payés par les nombreux bars, ces derniers proposent space cake et autres joyeusetés en vente libre. HIppie paradisEndroit très étonnant donc, où j'ai rencontré un groupe de français très très drôles et passé, vous l'aurez compris, quelques bonnes soirées qui m'auront coûtées ma montre et mes tongs.
Ceci dit, apres une prise de conscience plus forte que les autres, on se dit bien qu'il faut partir d'ici ou sinon le piège se referme vite (j'ai rencontré là-bas des gens venus pour quelques jours qui y étaient depuis des mois).

Départ donc pour.... Koh lanta!! Et rebelote. Décidément, le sud c'est le piège et malgré la beauté sans conteste des plages, c'est un peu le Club Med permanent (désole de vous décevoir mais Koh Lanta c'est pas du tout l'enfer sauvage pas du tout!).  Très peu d'authenticité dans tout ça... Paradoxalement, c'est là où je suis le plus restée car c'est facile et reposant. Mais avec du recul, ce n'est vraiment pas l'atmosphère que j'ai préférée. Pour faire court, disons que TOUT tourne autour du tourisme et des touristes.

Me voilà arrivée au Cambodge depuis hier, après plus de 30heures de bus. Crevée mais impatiente d'être à nouveau étonnée, déçue et bousculée.

Sinon grande nouvelle... Je mange Thaïlandais avec plaisir (il faut savoir que dans la "vraie vie" je suis très difficile) et je rajoute même des épices! Qui l'aurait cru. C'est bon, j'ai souvent faim et ''on va pas se prier sur la bouffe quand même!''. Non c'est clair, peut-être sur les musés et les visites, mais sûrement pas sur la bouffe et la bière!Chang

 

J'ai dormi dans des endroits vraiment ... étonnants... surtout dans le sud où, pour un euro, il est possible de dormir dans des ''bungalows'': BambooSoit quatre murs de bambou tenus on ne sait comment par des pilotis et ouverts aux quatre vents avec un toit de feuilles. La première nuit c'est perturbant, surtout dans la jungle avec des bruits bizarres ou quand on est réveillée par un singe qui saute dessus. Mais on s'y fait bien.
Parlons donc des animaux, hallucinants dans la jungle, singes, énoooormes lézards et autres araignées sympathiques... poissons de folie dans l'océan, tellement colorés qu'on dirait des jouets de salle de bain pour enfants... En un mois, je crois que je n'aurais jamais pris ma douche avec autant de bestioles. Je compte à mon palmarès une araignée poilue, un crapaud (avec qui j'ai vécu une histoire passionnée pendant 3 jours durant lesquels il me rendait visite à chaque douche), un geycko, une libellule et des tonnes de moucherons.

Désolé, ça y est, c'est déjà trop long. Et pourtant, j'ai l'impression de n'avoir rien dit d'important.
Alors, dans l'important en vrac il y a Julia, Ben, Sébastien, Mélanie, Martial, Monica, Shandra, Carl et tant d autres. Des gens de partout et un joyeux bordel de langues. Des gens qu'on recroise parfois une semaine après ou parfois pas et c'est pas grave. Il y a un repas au bord du Mékong, invitée par des thais et traitée comme une reine (ça aurait été super si depuis je ne recevais pas des mails passionnés d'amour d'un quinqua thaïlandais). Il y a les étoiles en montagne et le guide nous expliquant qu'"un millions stars hotel vaut toujours mieux qu'un 5 stars hotel" (oui bon j'ai le droit a mon quota de mélo aussi). Il y mes petits cris quand des dizaines de poissons se sont agglutinés autour de moi dans l'eau.POisssons Il y le putain de massage thaïlandais d'une heure pour 3 euros. Il y toujours "touriste" marqué en gros sur mon front dès que je débarque d'un bus ou d'un train, paumée, et que tous les rabatteurs me tombent dessus. Il y a moi, perdue au milieu de nul part, débarquée d'un bus et comprenant que c'est pas du tout là ou j'allais mais le trou du cul du monde où personne ne parle anglais (mais sauvée par un énorme camion qui m'a rapatrié au bon endroit après 3 heures de route suicidaire a 20 a l'heure et 10 cm des falaises). Il y a le karaoké thaïlandais, le "Dallas" local et le kitsch des napperons roses dans les bus. Il y a les odeurs de poissons cru a 2 h du mat' quand le bus s'arrête (ces gens mangent vraiment n'importe quand!). Il y a mes premiers pas a scooter et moi me prenant pour Mac Gyver, trop fière de faire tenir mon chargeur dans la prise avec un bout de ficelle...

Bref, je m'habitue, prends mon rythme, prends mon temps et commence à comprendre certains mécanismes et éviter la plupart des arnaques...ce qui n'est pas une mince affaire! Mais quelle fierté que de trouver un bus local a 30 baths à la place du bus à touriste 10 fois plus chers.
Sinon, moins drôle (quoique) ma CB ne marche plus, impossible de retirer. Plus de sous, et ce bien sûr, à 2 jours de l'expiration de mon visa! Sinon c'est vraiment pas drôle... Dépannée par mon compagnon de voyage jusqu'à l'arrivée de la nouvelle.

Enfin, vous n'y couperez pas, voici la minute feministico-socio-politico-branleto-intellectuelle. Je me suis aperçue ici que, plus que mon identité d'étrangère c'était à mon identité de femme qu'on me renvoyait le plus et très régulièrement. J'ai vite arrêtée de dire que je voyageais seule car, sans méchanceté aucune, c'est juste incompréhensible ici que je ne sois pas avec ma famille. On m'a déplacé plusieurs fois dans les bus pour qu'un moine qui arrivait n'ait pas à s'asseoir à côté de la femme impure que je suis. Les regards des jeunes (et moins jeunes) thaïs sont parfois pesants. Mais je convertis mes compagnons de voyage à la Grande Simone (non pas celle chez Michou mais De Beauvoir) et répand la bonne parole telle une missionnaire des temps féministes modernes (vu comme ça, ça paraît pas très sympa et un peu condescendant...hum...et merde j'assume!).
Après l'enchantement des débuts, vient la prise de conscience. Forcément, la société thai, dans sa complexité, n'est ni plus ni moins parfaite qu'une autre et toute aussi remplie de paradoxes. Etre littéralement plaquée contre le mur du tuk-tuk par une femme pour que cette dernière n'effleure pas d'un poil l'homme à ces côtés parait bizarre dans un pays où la prostitution s'affiche si ouvertement partout. En effet, certaines soirées ont été difficiles. Voir sans cesse des ''couples'' de jeunes thaïs et de vieux et gras occidentaux...
Sinon même si Bouddha est sympa (j'ai décidé ça depuis le début, j'aime bien son sourire coquin à la Mona Lisa)Bouddha cool j'avoue une petite overdose de mysticisme et d'incompréhension sur le mix religion/argent.. Religion et argentQuand au roi...pfff... PARTOUT....trop c'est trop... Le voilà pour la peine en tout petit.. Gniark gniark NA!Le roi

Voilà donc tout et pas grand chose. Merci à ceux qui ont lu jusqu'à la fin (c'est mérité).



Love.

Publié dans Carnets de voyage.

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