Celèbrons le travail en chanson avec nos amis du Medef.

Publié le par Y.

 

Voilà bien longtemps que je n’ai pas posté.

Promis, c’est pas de ma faute c’est la faute à la société qui m’oblige à perdre mon temps à travailler au lieu d’écrire sur internet. Car depuis presque un mois, j’ai un nouvel emploi. Mais comme je suis effrayée par toutes ces histoires de gens qui se font virer pour avoir critiqué leur travail sur internet, je ne m’y risquerais pas. Et comme je ne sais parler qu’en critiquant je n’en parlerais donc pas. En plus, ça donne un côté mystérieux style « je travaille sur un projet classé secret défense  afin de sauver le monde ». Disons juste que je suis fonctionnaire new style ; une sous-fonctionnaire. Le joli mot c’est « contractuelle vacataire ». Et oui mes braves gens tout se perd, la sécurité de l'emploi dans la fonction publique, c’est plus ce que c’était.

Ceci dit il n’y a que les ratés qui ont besoin de plus de 3 mois pour sauver le monde.

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Quand je pense que je me suis ennuyée à mourir après avoir quitté MacDo, je m’ennuie à nouveau en retravaillant (et ce dès le deuxième jour).

Je suis décidément une inadaptée sociale.

Car attention, il ne fallait pas croire que MacDo ou le travail me manquait (j’avoue que cela pouvait être ambigu au vu de mon dernier post sur le sujet. Que nenni mes amis! Que les choses soient claires, je ne glorifie en aucun cas le travail et l’effort car s’il y a bien une chose que j’aime plus que les vacances ce sont les congés payés.

En plus, depuis que j’ai découvert La Borne , le chômage: même plus peur!

 

blackEt comme de par hasard, pour me faire culpabiliser, je n’entends parler que d’un nouveau phénomène : les gens qui disent volontairement "Fuck!" au travail (oui oui c’est ça qu’ils disent) et décident de ne pas entrer dans cette logique productiviste et aliénante qu’est devenu le monde du travail aujourd’hui mais de bien se marrer en se foutant de la gueule de ceux qui se bossent (eux par exemple que je les cite parce que je leur ai piqué leurs photos).

Moi dont la seule activité militante consiste à aller manifester une à deux fois par  semaine pour arrêter de travailler avant 67 ans, je trouve que ça a quand même plus de gueule.

 

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Le problème c’est que quand je travaille pas, je m’ennuie et je rumine. Parce que quand on travaille pas il faut avoir assez de courage pour se motiver seul à faire plein d’autres choses constructives (et gratuites).

Et être averti que le désoeuvrement peut mener à des activités pour le moins surprenantes. 

 

De l’autre côté de la barricade, en cette période de grève, une journée passée trop inaperçue à mon goût: j'ai nommé  la fameuse journée « J’aime ma boite ».

Késako ? Très simple, après la journée de la femmes, de la faim dans le monde, du handicap ou de la prostate, une journée (le 14 octobre) pour dire à son entreprise qu’on l’aime fort fort fort. Parce que faut pas croire, mais c’est sensible ces petites choses là, ça a besoin d’amour. C’est pas parce que ça licencie à cause la méchante crise que ça n’a pas un petit cœur fragile qui bat.

 

Cependant, il faut tout de même reconnaître une chose à cette journée : son hymne. Un merveilleux gospel plein de vibes sans fin. Musique!

(Bizarrement la seule vidéo existante est humoristique. Enfin le montage car la chanson c'est bien ça.)

 


 

 

Perso, je pense que cette chanson peut se classer dans le top 10 des choses les plus drôles de tout les temps.

Bine sûr, pas besoin de tirer sur l’ambulance, nous passerons donc sur les rimes extraordinaires de créativité (cravate/s’éclate, fête/tue-tête…) mais sous ces airs bonhommes, arrêtons nous un peu sur son message qui n’est pas si innocent.

D’abord, ce petit hymne sympa et catchy destiné à être écouté par des cadres branchés lors de leur free fryday rate tout de même un peu sa cible. Suis-je la seule à imaginer en entendant "laisse tomber ta cravate aujourd’hui tout le monde s’éclate", une fête d’entreprise ultra glauque dans laquelle le comptable finirait bourré comme pas deux à se dévergonder dans un rock endiablé cravate autour de la tête ? Une PME coincoss plutôt que la petite boite de créas dynamiques?

 

La meilleure phrase restant "Si ton patron est ton ami, tu dois chanter avec lui". Oubliés les conflits de classe has-been et vulgaires. Bienvenue dans le monde du consensus et de l’amour. La technique utilisée ici a un nom : la dépolitisation. La dépolitisation qui est devenue la meilleure arme rhétorique de la droite depuis quelques années pour cacher des réformes et une idéologie libérale derrière des arguments « techniques » ou populistes.

Les retraites c'est de la logique arithmétiques, la réforme de l'Etat c'est de la mutualisation de compétences nécessaire pour travailler en mode projet autour de sujets transversaux. Vous ne comprenez pas? C'est le but. On vous dit que c'est mieux comme ça. Le conflit c'est caca boudin, il faut discuter avec son patron qui saura te répondre grâce à ses compétences en management utilitaire mais humain (oui ça marche ensemble). 

 

Par contre, si tu dois être gentil avec ton patron, le Medef lui a le droit de se foutre de ta gueule et de te provoquer ouvertement.  

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En tout cas, si cette journée a n’a pas été très suivie (sauf dans quelques entreprises de l'extrême j’imagine), elle aura au moins eu le mérite de nous rappeler que si décidément, si la droite n’a pas tellement le sens de la chanson, elle a en tout cas celui du ridicule.

Dois-je vous rappeler le Lip Dub UMP ? Ce serait mesquin…

 

J’aime la mesquinerie. 

 

Cependant, par souci d'honnêteté intellectuelle, je me doit de signaler une exception à ce constat. Attention fortement addictif.

 

   

Si vous aimez, vous trouverez sur ce  site d'autres chansons plus ou moins drôles (la question "Une chanson de campagne Zouk pour le FN : navrant ou ironique?" pouvant faire l'objet d'un post à part entière voire de la prochaine agreg' de philo).

 

 

Sinon pour finir sur un tout autre sujet, j’ai failli faire un post entier sur les diverses réactions (parfois un peu extrêmes) provoquées par la publication de mon Top sur Topito.

Et puis finalement non.

Car les polémiques sur internet c’est un peu comme la tournée d’adieu de Johnny, c'est lassant et ça n’en finit jamais. De plus j’ai découvert (3 ans après tout le monde car je me défends d’être de cette catégorie de blogueuse geek branchée à l’affût du moindre près-buzz) cette vidéo qui confirme tout ce que je pense de certains (je prends des pincettes et ne généralise pas non ne me tuez pas) parents soit disant épanouis qui humilient leurs enfants sur la toile sous des prétextes fallacieux du genre « Il est trop chou ! ».

 

Alors de deux choses l’une soit « Chou » en langage parent veut dire "ridicule", soit décidément les parents ont une façon machiavélique de se venger des souffrances infligés par leurs marmots.

On avait Video Gag et sa flopée d’enfants se vautrant lamentablement de façon « trop chou », voici le retour de buzz de la semaine : David after dentist gentiment posté par papa chéri qui gagne bien sa vie maintenant.

 


 

Publié dans Le travail.

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