De MacDo à Mao.

Publié le par dalida.marx.et.moi.over-blog.com

Je travaille à MacDO.

Et oui faut bien vivre ma bonne dame.

 

"Ah ah tu vas puer la frite! Aller, je passerais tu m'offriras un burger!". Honnêtement, est-ce que cette personne s'imagine réellement être la première et la dernière? Encore un mystère humain à percer...

Pour les braves point de pitié.

Travailler à MacDo ça se pait. N'être plus une personne mais un archétype. Le petit boulot pourri par excellence, celui que personne ne veut faire, qui fait peur (si tu travailles mal tu seras caissière ou tu travailleras au MacDO gniark gniark!) et totalement dévalorisé socialement. Même pas un peu de compassion ou au moins de compréhension. Non tant pis pour toi, tu t'es vendu, te voilà petit soldat de la grande machine, toi même transformer en machine d'ailleurs, un petit rouage qui plonge des frites et répéte, répéte... Normal? Maxi? Frites? Coca? Mayo? Ketchup? Mon poing dans ta gueule? 

 

"Enfin quand même à Bac+5, finir au MacDo!"

Alors oui, je cherche un autre travail mais moi qui croyait vivre dans une société encorageant l'effort et le mérite... Point! Méprise! Voilà que j'apprends que je devrais me la couler douce et dépenser l'argent virtuel que me confère la possession de mon suprême grade universitaire.

J'entends "Mais Pourquoi?". C'est vrai ça pourquoi travailler ? Pourquoi???

Tout mon entourage, famille comprise, dévoila donc sa face anarchiste libertaire anti-travail. Si seulement j'avais su! Voila qui m'en bouche un coin et me fit réfléchir.

 

Faudrait-il vraiment boycotter MacDo? Certes, servir le grand capital c'est mal. Soit. J'entends bien. Mais que faire quand salement on a besoin vite d'un petit travail?

 

C'est donc sur ces premières réflexions que j'entamais ma première semaine.

Et continuais la seconde.

Quand j'ai signé mon contrat je me suis dit "un mois pas plus". Maso oui! Mais quand même... Juste assez pour pas finir interdit bancaire sans vendre totalement mon âme au diable. J'ai rechigné à signer un papier qui disait me fournir mon uniforme (car il en manquait la moitié) et demandé à lire la convention collective parce que bon...Question de principe. Je me vends certes mais avec panache! On va pas se laisser faire hein!

(Arf on aurait pu me prévenir que c'était si long une convention collective! J'en reviens toujours pas!)

 

Et puis... J'ai trouvé ça tellement plus dur et stressant que ce que je pensais que je me suis dis qu'un mois c'était peu. En effet, cotoyant des personnes trimant depuis des années, je me suis soudainement trouvée légérement bourgeoise.

J'avais besoin de soufrir plus, j'en voulais encore des clients impolis, oui des fermetures à 01h00 du matin, encooore des petites réflexions sauce managers!!!!

Et qu'à cela ne tienne allons encore plus loin, me voilà à me dire que tous le monde devrait y passer. L'abolition des barrières sociales par le MacDo c'est beau comme une chanson de Michel Sardou.

Aller bourgeois, fainéants, nantis et intellectuels... Tous au goulag MacDo!! Ca vous fera pas de mal de vivre comme ça. Le prolétariat du 21ème siècle sera équipier polyvalent ou ne sera pas.

 

Et c'est la larme à l'oeil, fière de souffir ainsi au côté du petit peuple que je rentrais chez moi.

 

Le lendemain sur le chemin je rêvais pourtant de ma démission.

En plus, j'ai encore plus réfléchi et  le problème c'est que si on obligeait vraiment les gens, ben... ça donnerais de la main d'oeuvre gratuite au diable capitaliste..

Et merde!

 

Publié dans Le travail.

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Alias AKA 03/12/2010 22:23



c'est pas un master en philo que t'as par hasard?