Quand sexisme et racisme sont sur un bateau...les journalistes tombent à l'eau.

Publié le par Y.

Moi obsessive/compulsive du débusquage sexiste?

Certes.

Mais je suis toujours impressionnée de voir à quel point le sexisme passe mieux que le racisme (sauf quand le-dit racisme est caché sous des prétextes antisexistes mais ceci est une autre histoire cf. plus bas).

Je trouve d’ailleurs assez efficace l’astuce de répondre à une « blague » ou réflexion sexiste « Dirais-tu la même chose pour un noir, un arabe, un juif (Rayer la mention inutile)… ? ».

Le but n'étant bien évidemment pas de minimiser la nécessité de réagir aux propos et actes racistes en tout genre. Nous ne rentrerons pas dans le vieux débat de savoir si l’on peut assimiler ces deux phénomènes ou non, ici hors propos, car de toute façon on peut se mettre en d'accord pour condamner les deux.

 

Ceci dit, il y a quelque temps déjà, Mel Gibson, en grande forme, déclarait à sa femme au téléphone:

 «You look like a fucking bitch on heat, and if you get raped by a pack of niggers then it’ll be your fault ! All right? Because you provoked it, you are provocatively dressed all the time with your fake boobs you feel you have to show off in tight outfits and tight pants so we can see your pussy from behind. And that green thing today was enough. That’s provocative ! OK ?"

 

Ou en plus clair pour les non anglophones: 

 

"Tu ressembles à une putain de salope en chaleur, et si tu te fais violer par une bande de nègres alors ce sera ta faute ! D’accord ? Parce  que tu l’auras provoqué, tu es habillée de façon provocante en permanence avec tes faux seins que tu as besoin d’exhiber dans des tenues moulantes et tes pantalons serrés de façon à ce qu’on voit ton sexe par derrière. Et cette chose verte aujourd’hui était de trop. C’est provocant ! OK ?”.

 

Scandale aux Etats-Unis….

Mel a employé le mot "nègre"!

 

Ok, c'est donc bel et bien un connard de raciste (et pour la peine on va mettre une photo très moche de lui na!)

 

                                                mel_gibson1.jpg

Mais est-ce vraiment là l’attaque la plus virulente de cette poussée lyrique ?

En cherchant cette affaire sur internet, on trouve « Le dérapage raciste de Mel Gibson », « Mel Gibson le raciste »…

Ainsi donc, dire "nègre" c’est pas bien mais dire à une (sa !) femme que si elle le fait violer par une bande c’est de sa faute parce qu’elle s’exhibe trop... boooh...

 

Je pense sérieusement à transformer ce blog en un recensement de sexisme non relevé, je pourrais faire au moins 5 articles par jour.

 

Allez un autre pour la route. Il y  a trois jours je faisais le plein d’informations essentielles et tombe sur cet article intitulé "A 98 ans, il décide de tuer sa femme ". Quelques jours après la journée de lutte contre les violences conjugales, je m'arrête interpellée. Et voici le sous titre: « Qu’auriez-vous envie de faire après 52 ans de mariage ? ».

Ben oui parce que quand même ces bonnes femmes, elles nous tapent un peu sur les nerfs… (cf. la photo illustrant l’article:

                                      3911029601-a-98-ans-il-decide-de-tuer-sa-femme.jpg

 

Je vous passe les commentaires d’une finesse inégalable.

Là bien sûr aucunes réactions indignées.

Ca m’apprendra à lire des sites d’infos pareils…

 

Revenons au racisme deux secondes. Tout le monde se souvient de Guerlain qui affirmait il y a peu :

« Pour une fois je me suis mis à travailler comme un nègre. Je sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, m'enfin... ».

 

Première remarque: notons bien l'usage de l'encart citation, je viens de le découvrir, ce blog s'améliore de jour en jour.

Seconde remarque: Tollé (justifié) chez nos élites politiques et médiatiques qui se sont bien gargarisées de bonne conscience pendant au moins deux jours. Audrey Pulvar avait d’ailleurs fait une réponse que je trouve pas mal.

 

Mais en parlant d’Audrey Pulvar, (transition!), sa récente éviction en raison de la candidature au primaires socialistes de son compagnon a également fait parler...mais beaucoup moins…

Dans une tribune qu’elle publie quelques jours après, elle analyse cette décision comme sexiste. Je vous conseille évidemment de lire l’article pour vous faire une idée mais surtout mon passage préféré : les commentaires.

 

Évidemment, il est nécessaire de mettre à jour et de remettre en question les relations entre le pouvoir politique et le monde médiatique (notamment les journalistes) mais vraiment de cette manière ? En prenant un exemple à ce stade de la « campagne présidentielle » (pour peu qu’elle ai déjà commencé). 

 

Comme le dit très bien cet article, prendre ce seul exemple, celui des couples donne un peu l’impression d’un monde qui essaie de se racheter une blancheur d’intégrité alors que c’est bien l’arbre qui cache la forêt (oui je sais c'est le titre de l'article mais vu mes trouvailles telles que "blancheur d'intégrité" c'est peut-être pas plus mal).

    

Alors que l’on aime ou pas Audrey Pulvar, que l’on soit d’accord ou pas avec son raisonnement ou pas, que l’on soit friand ou non de la critique des médias, je pense qu'interroger que la vision des choses sous l’angle du sexisme est tout à fait légitime et que personne quasiment ne l'a fait à part elle.

En effet, force est de constater que le problème se pose souvent à sens unique (madame journaliste doit arrêter de faire joujou pour laisser monsieur s'occuper de la grandeur de la France sinon elle pourra pas s'empêcher de faire des insinuations pernicieuses pour le faire gagner car elle est tout d'accord avec lui). et mérite bien mieux comme réponse que des commentaires tels que « Que Madame Pulvar prenne des vacances … » 

 

Dur période pour les femmes journalistes, quelques semaines tout juste après la fabuleuse sortie de ce boute en train de Mélenchon qui traitaient trois journalistes (femmes) de perruches.

Bon au moins lui on peut lui faire le crédit de traiter tous les gens de la même manière.

 

Mais un vent d’espoir s’est levé, j’ai nommé la fameuse "Journée de la jupe", organisée le 25 novembre dernier par l’association « Ni putes Ni soumises » pour la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes. 

                                    journee_de_la_jupe_reference.jpg

Après avoir participé du mouvement de stigmatisation de quartiers populaires en appuyant l'idée d'une spécificité du machisme dans les cités (cf. ici ) et gagné par la même un grosse enveloppe de l’Etat pour parcourir la France et apporter la bonne parole aux femmes voilées telles des missionnaires du 21èmesiècle, voici donc leur dernière trouvaille : faire en sorte que des stars vendent leur jupe fétiche pour réaffirmer la fierté d’être une femme.

 

Déjà combattre un phénomène sexiste en réaffirmant les normes de genre c'est quand même assez bof-bof .

En plus c'est pas très fun. Perso, j'aurais préféré une journée de la jupe pour les hommes où on pourrait tous les tabasser pour leur rendre et reluquer leurs fesses (j'déconne j'suis non violente...quoique...).  

                                    journee-de-la-jupe_thumb.jpg 

 

Etait invité à cette petite sauterie tout le petit milieu politico-médiatique (tient comme on se retrouve !), un public des plus large a donc été sensibilisé. 

Les retombées sont d'ailleurs énormes : Claire Chazal a déclaré dans Direct Matin du jour même « Sans être moi-même féministe (ouf!), j’ai grandi avec ce mouvement qui m’a aidé dans mon parcours » (ma résolution du nouvel an est définitivement d’arrêter de lire ces trucs pourris).

  

Qu’on se rassure, rien de nouveau sous le soleil.

Les hommes violents doivent se pisser dessus.

Mon blog a encore de beaux jours devant lui.

 

Bonus track : les femmes objet de pub politique en Espagne : no comment : 

 

 

 

 

Publié dans Féminisme(s).

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Euterpe 01/04/2011 20:52



Je m'amuse comme une petit folle à lire ta prose. Bonne continuation. Je te mets en lien sur mon blog.



paul 06/02/2011 19:02



ben, la honte, ça c'est un bon sujet


je ne me remets pas en cause


je n'ai jamais intégré les schémas de virilité et les ai très tôt rejeté dans mon enfance


devenir comme ceux ou comme voulaient que je devienne ceux qui m'ont fait du mal serait me détruire moi-même, me trahir


d'où la honte que représente cette perpétuelle projection d'autrui sur ma personne au prétexte de mon déterminant sexuel.


ça veut pas dire que je m'identifie à l'autre genre


ça veut dire que je n'intègre pas le genre auquel il faut socialement que je m'identifie


la honte c'est pas de se rendre compte de l'imbécilité du genre auquel on s'identifie dans mon cas.


la honte elle me vient de ce que je remets de facto en cause la légitimité du modèle social des genres : je veux pas qu'on m'identifie à ça


bref


je sais pas vraiment comment vous dire ça



paul 06/02/2011 13:41



Bonjour Madame


ben je viendais pour lire moi aussi les commentaires parce que souvent c'est là que ça relance les choses...


y'en n'a pas ! mince !


bon, autrement, ben j'suis un pauvre type qu'a vraiment honte d'être né avec un déterminant lui imposant une identification à des connards comme Mell Gibson entre autre, mais aussi d'autres comme
l'innomable président des français, l'idole des djeunes johnny halliday et j'en passe évidemment parce que bon la liste est écrasante...


moi ça m'a enlevé toute idée, dès l'adolescence en regardant les djeunes de mon âge se comporter entre eux, tous déterminant génétique confondus, de vivre autrement que seul en razant les murs...
mais je gueule quand même devant la bêtise induite par la prise en considération avant toute autre de l'appareil sexuel comme déterminant de la sensibilité, des élans, des rôles sociaux etc...


bon, j'ai beaucoup la charte graphique de votre blog : c'est élégant et clair.


bonne continuation.


paul



Y. 06/02/2011 18:13



Bonjour Paul et surtout bienvenu et merci!


Il me semble qu'il n'y a vraiment pas de quoi avoir honte quand on se remet en question et a conscience de son comportement. Heureusement vous n'êtes pas le seul!


En effet peu de commentaires encore, peu de popularité mais je ne désepère pas!


A bientôt j'espère!